Quand on a enfin atteint un certain objectif, aussi long et difficile soit-il, on estime avoir réussi. Et c'est une bonne chose !

Seulement, le succès n'est pas qu'un heureux événement.

Comme le bonheur, il est éphémère. Et il ne s'éternise pas dans la durée.

On se souvient tous de la victoire de l'équipe de France lors de la Coupe du Monde de 2018.

Le jour même, c'était la fête partout dans les rues.

Mais dès le lendemain, c'était fini ! Comme s'il ne s'était rien passé au final.

Le lendemain, aucun de mes collègues de l'époque ne s'était prononcé sur la victoire.

Aucun n'avait fait de commentaire sur la finale de la veille.

Certains s'étaient même plaint des dégâts collatéraux.

On était d'ailleurs bien plus emballés par les matchs intermédiaires. Comme la demi-finale France-Belgique.

Et on validait d'autant plus les victoires intermédiaires.

Ça prouve bien que le succès est une répétition.

C'est même indiqué dans l'étymologie de ce mot.

Il suffit de tenir compte du préfixe -.

Et on peut en dire autant avec le mot "réussite".

L'autre question à se poser est : "Qu'est-ce qu'il se passe après ?"

OK, la France a gagné la Coupe du Monde de 2018. Et sur le moment, tout le monde est content ! Et tout le monde fait la fête ! Et après ?

OK, on est l'heureux gagnant du Loto avec un jackpot de 8 millions d'euros. Et après ?

OK, on a obtenu son diplôme d'ingénieur de l'Ecole Polytechnique avec mention. Et après ?

OK, on a obtenu notre CDI tant convoité chez Google. Et après ?

OK, on a enfin réalisé notre voyage de rêves de 3 mois au Japon. Et après ?

OK, on a enfin appris à parler le russe des affaires comme un natif. Et après ?

OK, on a atteint le sommet du Mont Blanc. Et on s'est même offert un beau selfie sur Instagram. Et après ?

Qu'est-ce qu'il se passe après un tel succès ?